La fin du secret diplomatique ?, Les limites de la confidentialité ...
14/12/2010

Deux articles par Aurélien Colson professeur de science politique à l'Essec, parus dans Le Monde.



14/12/2010

La fin du secret diplomatique ?, Les limites de la confidentialité ...

Deux articles par Aurélien Colson professeur de science politique à l'Essec, parus dans Le Monde.

Fin du secret diplomatique ?

Le rapprochement surprendrait Hillary Rhodam Clinton. Mais en diffusant largement des télégrammes diplomatiques du département d'Etat destinés à rester secrets, WikiLeaks pourrait à bon droit se réclamer des Pères fondateurs de la diplomatie américaine. Entre l'indépendance de 1776 et la Constitution de 1787, George Washington, Benjamin Franklin, George Mason, d'autres républicains encore, posèrent en principe le refus du secret dans les négociations internationales. Ce refus traduisait le rejet américain des habitudes de la diplomatie européenne d'alors, coutumière des tractations obscures et des traités secrets passés au nom de monarques n'ayant de comptes à rendre à personne.

L'article sur Le monde.fr

Les limites de la confidentialité

Le futur Mohammed VI négociait en secret. A propos du conflit opposant le Maroc et le Front Polisario sur le Sahara occidental, des négociations secrètes se sont tenues à Rabat, en septembre 1996, au plus haut niveau : la délégation du Front Polisario fut reçue par Driss Basri, alors homme fort du régime d'Hassan II, et par le prince héritier lui-même, futur Mohammed VI. Dix ans plus tard, les minutes de cette rencontre secrète furent transmises par le Polisario et reproduites dans un titre de la presse d'opposition (Le Journal hebdomadaire du 11 au 17 mars 2006). On y comprend combien le secret était central dans le contact entre les deux parties : le prince héritier reconnaît lui-même, dans ce verbatim, que "SM m'a informé aujourd'hui de la rencontre". Pour l'hebdomadaire, "livrer à l'opinion publique le contenu de pourparlers qui la concernent directement est incontournable" - illustration de cette injonction de transparence qui marque désormais les processus de négociation. Pourquoi rompre unilatéralement le secret, dix ans après les faits ? Cette brusque révélation intervint alors que Mohammed VI s'apprêtait à se rendre en déplacement officiel au Sahara occidental : le Front Polisario, en révélant que le roi, alors prince héritier, avait participé à une négociation secrète avec le mouvement indépendantiste, entendait marquer son statut d'interlocuteur reconnu.

L'article sur le Monde.fr

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